Une vallée où la Foi est Reine - Diocèse de Sion - Valais

LA PLUME BACOUNIE
PAR MANU

Exit
Quand ce mot passe à proximité, tout Bédéphile pense
innocemment au petit personnage de la BD de Midam.
En ces temps à l’éthique de plus en plus floue, je ne peux
m’empêcher de comparer, de manière absurde, les efforts
vains de notre héros de jeux vidéos et les tentatives désespérées
encouragées par notre société via « EXIT ».
En effet, autant les essais ridicules de notre champion pour
atteindre le « graal EXIT » suscitent en moi hilarité et admiration,
autant les agissements de notre EXIT en milieu palliatif
me laisse songeur.
D’un côté, une personnalité fictive bravant le danger en
Sisyphe des temps modernes qui remet inlassablement
l’ouvrage sur le métier. De l’autre, des Hommes et des Femmes
façonnés à la réalité du quotidien avec ses souffrances et ses
joies. Des Humains souvent usés par l’âge et rongés par la
maladie, corps et âmes souffrant, ne comptant plus que sur
le soutien et l’accompagnement de leur entourage.
J’entends encore mon papa, déprimé sur son lit d’hôpital me
répéter des semaines durant que « d’avoir mal tout le temps,
souffrir en continu, ce n’est pas possible,… j’aimerais en finir
avec cette vie… » Un épisode de crise plus violent ayant forcé
l’équipe soignante à modifier son traitement, les douleurs
se sont espacées et il s’est totalement transformé. Certes, la
maladie était toujours présente, irréversible mais, la douleur
aiguë, insupportable, s’était atténuée. En quelques jours, et ce,
malgré son état précaire, le moral était revenu et, avec lui,
plus aucune allusion à une quelconque fin anticipée !
Depuis, je ne peux que remercier de ne pas avoir cédé
à la supplique première. Que de belles rencontres et de
moments intenses partagés dès lors que la douleur s’était
quelque peu effacée !
Quelle sérénité, pour lui comme pour nous, à l’heure des
adieux.
D’où ma réflexion d’aujourd’hui : si l’on peut comprendre
qu’un désarroi douloureux extrême puisse engendrer des
appels et des gestes désespérés, n’est-ce pas à l’entourage
du patient (famille + équipe médicale) d’apporter une réponse
satisfaisante (écoute, accompagnement psychique, spirituel
et thérapeutique), de soulager, d’entourer et d’apaiser mais
sans toucher aux valeurs premières de la Vie ?
A chacun d’y apporter sa réponse, en évitant, comme
notre petit guerrier de BD de tomber dans les pièges parfois
grossiers des dérives de notre société.